Le 24 décembre 2025, le président Karol Nawrocki a fait usage de son droit de veto pour empêcher une augmentation de la taxe sur le jeu en Pologne, bloquant ainsi la hausse prévue du prélèvement sur les gains personnels de 10 % à 15 %. Cette décision a arrêté les amendements à la Loi sur la Santé Publique et à la Loi sur l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques, qui avaient été approuvés par le Parlement plus tôt en décembre. Alors que le paquet législatif incluait également des modifications à la taxe sur le sucre du pays, le président a soutenu que les deux mesures auraient alourdi le fardeau financier des citoyens.
Dans un climat économique tendu, la proposition de hausse de la taxe sur le jeu avait suscité des débats houleux. Les partisans du projet de loi avaient souligné que l’augmentation des recettes fiscales était indispensable pour financer davantage les initiatives de santé publique et couvrir le déficit croissant du budget national. Cependant, Nawrocki a estimé que le moment était mal choisi : « Imposer une telle charge supplémentaire à nos citoyens en cette période de défis économiques aurait été irresponsable », pensait-il, exprimant ainsi sa préoccupation envers les ménages déjà éprouvés par l’inflation et l’instabilité économique.
Le secteur des jeux d’argent en Pologne, bien que régulé, fait partie intégrante de l’économie nationale, contribuant de manière significative aux revenus fiscaux. Avec ce veto, Nawrocki a non seulement stoppé l’augmentation de la taxe sur le jeu mais a également adressé un message fort sur la nécessité de trouver un équilibre entre la croissance des recettes et le bien-être des citoyens. À court terme, cette décision pourrait soulager les joueurs et le secteur des jeux d’argent, leur permettant de maintenir une certaine stabilité financière.
Cependant, tous ne partagent pas la vision du président. Certains experts économiques s’inquiètent des répercussions potentielles à long terme de cette décision. En bloquant les réformes fiscales, ils craignent que la Pologne ne manque une opportunité cruciale de renforcer ses finances publiques. « Nous devrons regarder ailleurs pour combler le trou dans le budget », auraient déclaré des analystes, soulignant le besoin urgent de nouvelles sources de revenus pour éviter des mesures d’austérité plus sévères à l’avenir.
Le débat sur la taxation des jeux d’argent en Pologne est emblématique des tensions plus larges que l’on retrouve dans de nombreux pays, où les gouvernements cherchent à maximiser les recettes fiscales sans freiner la croissance économique ou nuire à la population. Dans ce contexte, la décision de Nawrocki pourrait être vue comme une tentative de protéger les intérêts immédiats des citoyens tout en cherchant des solutions alternatives à plus long terme pour résorber le déficit budgétaire.
Par ailleurs, certains représentants du secteur du jeu saluent le veto présidentiel, le considérant comme une reconnaissance de l’importance de leur contribution à l’économie polonaise. Pour eux, l’augmentation de la taxation aurait pu conduire à une baisse de fréquentation des établissements et à une diminution des recettes globales. « Ce n’est pas le moment de mettre en péril une industrie qui emploie des milliers de personnes et qui joue un rôle crucial dans notre économie », pensaient-ils, plaidant pour des ajustements plus mesurés et progressifs.
En revanche, d’autres voix s’élèvent pour plaider en faveur de mesures plus strictes. Les partisans de la réforme fiscale initiale avancent que le secteur du jeu, souvent associé à des externalités négatives telles que la dépendance et le surendettement, doit être mieux régulé fiscalement pour compenser ces impacts sociaux. Ils insistent sur le fait que des taxes plus élevées pourraient financer des programmes de prévention et de traitement de l’addiction au jeu, contribuant ainsi à un environnement social plus sain.
Le débat sur la meilleure approche fiscale à adopter ne se limite pas à la Pologne. Il reflète une problématique mondiale où les gouvernements doivent naviguer entre la nécessité de générer des revenus, la stimulation de la croissance économique et la préservation du bien-être social. Alors que la Pologne continue de chercher des voies pour équilibrer son budget, la décision de Nawrocki pourrait bien influencer d’autres nations confrontées à des choix similaires.
En conclusion, la manière dont la Pologne abordera ce défi fiscal dans les mois à venir sera cruciale non seulement pour son économie mais aussi pour son tissu social. Avec un budget sous pression, l’administration devra peut-être se tourner vers d’autres réformes économiques ou fiscales pour assurer la stabilité financière du pays sans compromettre le bien-être de ses citoyens. Que cette décision soit vue comme une victoire du bon sens ou un obstacle aux réformes nécessaires, elle met en lumière une question fondamentale : comment les États peuvent-ils taxer de manière équitable et efficace tout en garantissant la prospérité économique et sociale de leur population ?

Mathieu travaille dans l’industrie du iGaming depuis plus de 6 ans en tant que rédacteur et manager, principalement sur les marchés francophones.
