Le 26 décembre 2025, les autorités vietnamiennes ont dévoilé un projet de décret visant à renforcer le contrôle sur les paris autorisés. Selon ce projet, les parieurs devront révéler leur identité complète avant de placer des mises sur le football, les courses de chevaux ou de chiens. Ce décret est destiné à remplacer le cadre réglementaire en vigueur depuis 2017. Cette initiative résulte de consultations entre divers organismes gouvernementaux et parties prenantes publiques et s’inscrit dans un effort plus large pour renforcer la surveillance des activités de pari tout en maintenant des limites adaptées à la croissance économique du pays.
Ces nouvelles mesures visent principalement à lutter contre les activités illégales et à protéger les consommateurs. L’économie vietnamienne, en pleine expansion, voit une augmentation des activités de jeu, ce qui suscite des préoccupations quant aux risques de dépendance et de blanchiment d’argent. En exigeant des parieurs qu’ils dévoilent leur identité, le gouvernement espère réduire ces risques tout en permettant une croissance contrôlée du secteur.
Un porte-parole non identifié a expliqué que ce projet de règlement cherche à assurer la transparence et à renforcer la confiance des consommateurs dans l’industrie des jeux d’argent. Il a insisté sur le fait que « la protection des joueurs et l’intégrité du marché sont nos priorités absolues ». Cette déclaration met en lumière l’intention des autorités de créer un environnement de jeu plus sûr et plus responsable.
En revanche, certains acteurs du marché expriment des inquiétudes quant aux implications potentielles de ces nouvelles règles. Des entreprises du secteur des jeux estiment que l’imposition de telles exigences pourrait dissuader les joueurs occasionnels et réduire ainsi la fréquentation des sites de paris légaux. Ces entreprises craignent que les parieurs se tournent alors vers des alternatives non réglementées, ce qui irait à l’encontre de l’objectif principal de la réforme.
Par ailleurs, le Vietnam ne fait pas cavalier seul dans cette démarche. Le pays s’inspire de pays voisins comme Singapour, qui a déjà mis en place des mesures similaires pour réguler le secteur des paris. Ces réglementations ont montré une certaine efficacité en réduisant l’activité illégale, bien que les critiques soulignent qu’elles n’éliminent pas complètement le marché noir.
En 2017, le Vietnam avait introduit un cadre réglementaire pour encadrer les activités de paris, mais le marché a depuis évolué, nécessitant des ajustements pour répondre aux nouveaux défis posés par la technologie et l’évolution des comportements des consommateurs. Le projet de décret actuel se veut une réponse à ces défis, tout en cherchant à aligner le secteur des paris avec les normes internationales.
L’approche du Vietnam reflète une tendance mondiale où de nombreux pays tentent de trouver un équilibre entre la régulation stricte et le soutien à une industrie qui génère d’importantes recettes fiscales. Cependant, le succès de ces initiatives dépendra largement de la manière dont elles sont mises en œuvre et de l’acceptation par le public et les parties prenantes concernées.
Dans ce contexte, la mise en œuvre réussie de ces nouvelles règles pourrait offrir au gouvernement vietnamien une occasion d’améliorer la perception de son marché des jeux tout en attirant davantage d’investissements étrangers. De plus, en renforçant les contrôles, le Vietnam pourrait devenir un modèle de régulation pour d’autres pays de la région qui cherchent à développer leur propre industrie du jeu de manière responsable.
Cependant, la question reste ouverte quant à la capacité du gouvernement à faire appliquer efficacement ces nouvelles règles et à prévenir les contournements par les acteurs du marché. Une surveillance rigoureuse et des mécanismes d’application appropriés seront essentiels pour assurer le succès de cette initiative.
Enfin, cette proposition soulève également des préoccupations sur la protection de la vie privée des parieurs, un aspect qui devra être soigneusement équilibré avec les objectifs de transparence et de sécurité. Le débat autour de ces questions continuera probablement à évoluer à mesure que le projet de décret avance dans le processus législatif.

Mathieu travaille dans l’industrie du iGaming depuis plus de 6 ans en tant que rédacteur et manager, principalement sur les marchés francophones.
