Le 15 janvier 2026, la province canadienne de l’Alberta a annoncé qu’elle allait de l’avant avec ses plans pour établir un marché compétitif des jeux d’argent en ligne, permettant ainsi aux opérateurs commerciaux de participer sous de nouvelles règles provinciales. Cette initiative fait suite à des années de discussions et intervient dans un contexte où les sites de jeux non réglementés dominent actuellement le marché.
Le cadre réglementaire proposé met l’accent sur la protection des joueurs. Selon les responsables du gouvernement, ces règles visent à encadrer les activités de paris privés tout en obligeant les opérateurs à respecter des exigences uniformes. Les nouvelles réglementations devraient s’appliquer aux paris sportifs en ligne ainsi qu’à d’autres formes de jeux d’argent sur Internet.
Les autorités espèrent que cette mesure offrira un environnement plus sûr pour les joueurs, réduisant ainsi les risques associés aux plateformes non contrôlées. « Nous voulons créer un espace où les gens peuvent s’amuser tout en ayant la certitude que leurs intérêts sont protégés », ont-ils indiqué, ajoutant que le marché existant est souvent imprévisible et peut exposer les joueurs à des pratiques discutables.
D’un point de vue économique, l’Alberta cherche également à capter une partie des revenus actuellement générés par le secteur non réglementé. Les responsables estiment que la réglementation pourrait générer des millions de dollars en revenus annuels pour la province, argent qui pourrait être réinvesti dans des programmes publics essentiels. Le marché des jeux d’argent en ligne représente une opportunité lucrative que la province est désormais impatiente de saisir.
Cependant, tous ne sont pas convaincus que la réglementation est la solution. Certains experts de l’industrie avertissent que trop de restrictions pourraient étouffer l’innovation et rendre le marché réglementé moins attractif par rapport à ses homologues non réglementés. Ils soutiennent que les joueurs habitués à la liberté des sites non réglementés pourraient être réticents à passer à des plateformes régulées si celles-ci offrent moins d’options ou des cotes moins compétitives.
En parallèle, certains groupes de défense des droits des consommateurs expriment des inquiétudes concernant la capacité du gouvernement à surveiller efficacement les opérateurs pour garantir le respect des nouvelles règles. Ils craignent que les ressources nécessaires pour une mise en œuvre efficace de la réglementation ne soient pas suffisantes, ce qui pourrait laisser place à des lacunes exploitables par des acteurs peu scrupuleux.
En dépit de ces préoccupations, l’Alberta reste déterminée à avancer avec le lancement réglementé. Des consultations avec des parties prenantes clés, y compris des représentants de l’industrie, des défenseurs des droits des consommateurs et des experts en addiction, ont été menées pour s’assurer que toutes les perspectives soient prises en compte. Le gouvernement promet de mettre en place des mécanismes robustes pour surveiller et ajuster la réglementation au besoin.
Une comparaison avec d’autres provinces canadiennes, comme la Colombie-Britannique et l’Ontario, qui ont déjà mis en place des marchés réglementés, montre que ces initiatives peuvent réussir à condition qu’elles soient bien gérées. Ces provinces ont vu une augmentation des revenus et une réduction de la participation à des sites non réglementés, bien que des défis subsistent toujours.
À mesure que le projet de réglementation des jeux en ligne en Alberta avance, le gouvernement insiste sur l’importance d’une approche équilibrée : promouvoir un marché compétitif tout en veillant à ce que les intérêts des joueurs soient protégés. Cette démarche est perçue comme une étape importante pour moderniser le paysage des jeux d’argent dans la province et pourrait servir de modèle pour d’autres régions.
Dans les mois à venir, l’accent sera mis sur l’élaboration des détails de la mise en œuvre, y compris la sélection des opérateurs qui seront autorisés à entrer sur le marché et la mise en place des outils nécessaires pour protéger les consommateurs. Le succès de cette initiative pourrait non seulement transformer le marché des jeux en ligne en Alberta, mais également influencer les pratiques de réglementation ailleurs au Canada et au-delà.

Mathieu travaille dans l’industrie du iGaming depuis plus de 6 ans en tant que rédacteur et manager, principalement sur les marchés francophones.
