Brésil : Augmentation des taxes sur les opérateurs de paris et réduction des avantages fiscaux

Le 18 décembre 2025, le Congrès brésilien a approuvé un ensemble fiscal ambitieux visant à réduire les avantages fiscaux fédéraux tout en augmentant les taxes sur les opérateurs de paris, les fintechs et certaines activités financières. Adopté par les deux chambres dans un laps de temps relativement court, le projet de loi est désormais entre les mains du président, qui décidera de sa promulgation.

Cette réforme fiscale intervient à un moment crucial pour le Brésil, dont l’économie est en quête de stabilité après avoir traversé plusieurs années de croissance inégale. Le gouvernement espère que ces mesures permettront d’augmenter les recettes fiscales tout en rationalisant les subventions perçues comme inefficaces. Selon les analystes, ce paquet constitue une tentative audacieuse de renforcer les finances publiques et de créer un cadre économique plus équitable.

Le secteur des paris, en particulier, est sous le feu des projecteurs. « Nous devons mettre fin à l’évasion fiscale dans ce secteur en plein essor », considère-t-on au sein du gouvernement, soulignant que les paris en ligne ont connu une croissance exponentielle au cours des dernières années sans que le cadre fiscal n’ait suivi. En augmentant les taxes, l’État espère non seulement augmenter ses revenus mais aussi réguler un marché jugé poreux.

Le projet de loi propose d’augmenter le taux d’imposition sur les opérateurs de paris de 15 % à 25 %, une mesure qui pourrait affecter la rentabilité de nombreuses entreprises dans ce secteur en plein essor. Les opérateurs de paris, qui ont bénéficié d’une croissance rapide avec l’essor des plateformes en ligne, expriment leur inquiétude face à cette hausse. Certains craignent que cela n’incite les opérateurs à se tourner vers des marchés offshore pour éviter des charges fiscales plus lourdes.

Parallèlement, les fintechs et d’autres activités financières voient également leurs taxes augmenter, une décision justifiée par le gouvernement comme une nécessité d’aligner la fiscalité de ces nouveaux modèles économiques sur celles des institutions traditionnelles. Le secteur financier, déjà sous pression en raison de la concurrence accrue, pourrait voir ses marges se réduire davantage. « Nous nous adapterons, mais cela va nécessiter des ajustements significatifs », estiment certains dirigeants du secteur.

Une voix discordante vient de ceux qui s’inquiètent de l’impact possible de ces nouvelles taxes sur l’investissement étranger et la compétitivité du Brésil. « Il est essentiel de trouver un équilibre entre la nécessité de recettes fiscales et l’attractivité économique du pays », avertissent-ils. Si ces taxes sont perçues comme trop punitives, elles pourraient décourager de nouveaux investissements dans des secteurs pourtant prometteurs.

Néanmoins, les partisans du projet estiment qu’il est indispensable de réformer le système fiscal pour garantir une plus grande transparence et une meilleure répartition des ressources publiques. « C’est un mal nécessaire pour mettre le pays sur la voie d’une croissance durable », pensent-ils, convaincus que ces mesures permettront à long terme de bénéficier à l’économie dans son ensemble.

Le projet de loi comprend également des dispositions visant à simplifier le système fiscal, un pas vers la modernisation qui est salué par certains analystes économiques. Ils voient cela comme une opportunité de réduire la bureaucratie et de faciliter les affaires au Brésil, ce qui pourrait compenser les aspects plus contraignants des nouvelles taxes.

Au-delà de l’aspect économique, ce paquet fiscal reflète aussi une volonté politique de s’attaquer aux privilèges perçus et de répondre aux attentes d’une population de plus en plus demandeuse de justice fiscale. À cet égard, le projet de loi est considéré comme une mesure audacieuse visant à corriger les déséquilibres structurels de l’économie brésilienne.

Alors que le président s’apprête à prendre sa décision finale, l’issue reste incertaine. Si le projet est approuvé, il marquera un tournant significatif dans la politique fiscale du Brésil. En attendant, les différents acteurs économiques et politiques continuent de débattre des implications potentielles de ces mesures, cherchant à anticiper l’impact à long terme sur le tissu économique du pays.