Cette semaine, un projet de loi modifiant les obligations fiscales pour les opérateurs de paris en ligne, les fintechs et les paiements de dividendes a été approuvé par la Commission des Affaires Économiques (CAE) du Sénat brésilien avec une large majorité. Le mardi, la mesure a été adoptée lors d’un vote terminatif par 21 voix contre une, selon Valor International, ce qui la positionne pour avancer à la Chambre des Députés à moins que les sénateurs ne demandent un examen supplémentaire.
Ce projet de loi est perçu comme une évolution majeure pour améliorer les recettes fiscales du pays au milieu d’une économie en mutation rapide. Le Brésil, avec son marché des paris en ligne en pleine expansion, cherche à structurer un cadre fiscal qui assure une contribution équitable de cette industrie en pleine croissance. Le secteur des paris en ligne a connu une augmentation significative de ses revenus, en grande partie stimulée par la numérisation et l’augmentation de la pénétration d’Internet dans le pays. Les experts estiment que ce secteur pourrait générer des milliards de reais en revenus fiscaux supplémentaires chaque année.
Selon les analystes, cette réforme s’inscrit dans une série d’initiatives du gouvernement brésilien pour moderniser son système fiscal et le rendre plus adapté aux réalités économiques actuelles. Un membre de la commission a laissé entendre : « Il est crucial pour le Brésil de s’assurer que nous ne perdons pas de recettes fiscales précieuses provenant de ces industries en pleine croissance. »
Cependant, tous ne sont pas convaincus des bénéfices de cette réforme. Certains critiques soutiennent que l’augmentation de la charge fiscale pourrait dissuader les nouveaux entrants sur le marché des paris en ligne, un secteur qui a besoin d’innovation et de concurrence pour prospérer. Ils craignent que cela puisse aussi pousser certains opérateurs à se tourner vers des solutions offshore pour éviter les taxes nationales, ce qui pourrait, au final, nuire à l’économie locale.
D’un autre côté, les partisans du projet soulignent que l’absence de régulation fiscale stricte sur les fintechs et les plateformes de paris en ligne pourrait mener à une évasion fiscale substantielle, une préoccupation déjà présente dans d’autres secteurs économiques du pays. Cette régulation pourrait donc être un moyen efficace de sécuriser des revenus fiscaux tout en assurant que les entreprises opérant au Brésil contribuent équitablement aux finances publiques.
En plus de cibler le secteur des paris, le projet de loi inclut également des changements pour les dividendes, une mesure qui a suscité des discussions animées. Actuellement, les dividendes distribués aux actionnaires sont exonérés d’impôts au Brésil, une situation qui pourrait changer sous la nouvelle législation. Cette initiative vise à aligner le Brésil avec d’autres grandes économies mondiales où les dividendes sont souvent imposés, renforçant ainsi la perception d’équité fiscale.
Certains observateurs notent que les modifications proposées pourraient améliorer l’image du Brésil sur la scène internationale en montrant un engagement sérieux envers une réforme fiscale équitable et efficace. En effet, le pays est souvent scruté par les investisseurs étrangers qui cherchent une stabilité et une clarté dans les régulations fiscales.
Il est important de noter que le projet de loi doit encore passer par la Chambre des Députés, où il pourrait rencontrer une opposition ou être modifié. Les débats parlementaires à venir représentent une étape cruciale pour déterminer le sort définitif de ces changements fiscaux.
En somme, alors que le Brésil avance vers une réforme fiscale dans le secteur des paris en ligne et des fintechs, les opinions divergent quant à ses impacts à long terme. Pourtant, ce mouvement démontre sans ambages la volonté du pays d’adapter ses politiques fiscales à une économie en pleine mutation et de garantir que ses systèmes fiscaux soient à la fois équitables et robustes.

Mathieu travaille dans l’industrie du iGaming depuis plus de 6 ans en tant que rédacteur et manager, principalement sur les marchés francophones.
