Le 1er avril prochain, les salles de cartes de Los Angeles devront cesser d’offrir des jeux de style blackjack, suite à la finalisation des règles par les régulateurs californiens. Cette décision a déclenché un tollé dans les communautés du comté de Los Angeles qui dépendent fortement des revenus des jeux d’argent. Les responsables de l’État décrivent cette mesure comme une application des limites constitutionnelles de longue date, tandis que les dirigeants municipaux et les représentants de l’industrie tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences financières potentiellement désastreuses.
Le Département de la Justice de Californie (DOJ) a publié son Déclaration Finale des Raisons plus tôt ce mois-ci, confirmant que les règlements mettent en œuvre l’article 330 du Code pénal qui interdit « tout jeu de… ». Cette décision s’inscrit dans un cadre législatif visant à restreindre certaines formes de jeu afin de protéger le public de potentiels abus financiers. Pour les salles de cartes qui ont prospéré grâce aux jeux de type blackjack, cette nouvelle réglementation pourrait signifier une baisse significative de leur chiffre d’affaires. Une salle de cartes moyenne de Los Angeles tire jusqu’à 40 % de ses revenus de ces jeux, et la perte pourrait avoir des répercussions sur les finances locales, y compris les services publics qui dépendent des taxes sur le jeu.
Alors que le DOJ souligne que les salles de cartes avaient connaissance de ces restrictions depuis des années, les responsables locaux soulignent la complexité de l’adaptation à de telles réglementations dans un climat économique déjà fragile. Les élus municipaux expriment leur inquiétude, suggérant que la fermeture de ces jeux pourrait entraîner des licenciements massifs et une augmentation du chômage. Une source proche de l’industrie remarque : « Nous sommes en train de perdre une part essentielle de notre économie locale, et c’est une pilule difficile à avaler. »
Historique du contentieux, l’interprétation du Code pénal §330 a longtemps divisé les opinions. Les soutiens de cette interdiction affirment que le renforcement des lois contre les jeux de hasard protège les consommateurs et favorise une concurrence plus équitable parmi les établissements. Cependant, les opposants argumentent que cette approche ignorerait le potentiel de régulation efficace et responsable des jeux d’argent, qui pourrait permettre à l’État de mieux encadrer l’industrie tout en générant des revenus fiscaux substantiels.
Pour certains experts du marché des jeux, cette interdiction pourrait ouvrir des opportunités aux casinos tribaux, qui ne sont pas soumis aux mêmes restrictions et pourraient capter une partie de la clientèle perdue par les salles de cartes. Cette dynamique pourrait intensifier la rivalité entre les casinos tribaux et les salles de cartes privées, modifiant l’équilibre économique du secteur des jeux en Californie.
Un représentant des casinos tribaux exprime une position différente, affirmant que cette décision pourrait inciter les salles de cartes à développer de nouvelles formes de divertissement qui respectent la législation, diversifiant ainsi les offres et potentiellement attirant une clientèle différente. Le débat reste ouvert sur l’efficacité de cette interdiction dans la protection du public et la revitalisation économique.
La complexité de cette situation souligne la nécessité d’une approche équilibrée, qui prenne en compte les impacts économiques immédiats et à long terme. Tandis que les régulateurs continuent de défendre leur position en faveur d’une application stricte de la loi, les communautés locales et les dirigeants de l’industrie espèrent un dialogue constructif qui pourrait mener à des solutions innovantes et bénéfiques pour toutes les parties concernées.
La date du 1er avril approche à grands pas, et avec elle, l’incertitude pour les employés des salles de cartes et les petites entreprises environnantes qui bénéficient de l’afflux de clients généré par le jeu. Les salles de cartes devront alors faire preuve d’innovation et d’adaptabilité pour surmonter cette crise imminente.

Mathieu travaille dans l’industrie du iGaming depuis plus de 6 ans en tant que rédacteur et manager, principalement sur les marchés francophones.
