Le Président du Nigeria refuse de valider la loi centrale sur les jeux de hasard

Le 24 décembre 2025, le Président nigérian Bola Ahmed Tinubu a fermement déclaré qu’il n’accorderait pas son assentiment présidentiel au projet de loi central sur les jeux de hasard. Il a souligné que la réglementation des activités de loterie et de jeux échappe à la compétence constitutionnelle du gouvernement fédéral. Cette prise de position a été annoncée lors de la réunion du Comité exécutif national du All Progressives Congress (APC) à Abuja, en présence de dirigeants du parti, de gouverneurs et de parlementaires fédéraux.

Le projet de loi, approuvé par l’Assemblée nationale, visait à créer un cadre centralisé pour la gestion des jeux de hasard et des loteries au Nigeria. Selon ses partisans, cette législation aurait permis d’uniformiser les réglementations et de mieux contrôler un secteur en pleine expansion. Cependant, le Président Tinubu a jugé que cette initiative empiète sur les droits des États individuels, en s’appuyant sur les limites constitutionnelles définies par la loi fondamentale du pays.

Dans le contexte économique actuel, le secteur des jeux de hasard au Nigeria connaît une croissance rapide, attirant à la fois des investissements locaux et internationaux. Certains analystes estiment que la centralisation des régulations pourrait renforcer la transparence et l’efficacité, attirant ainsi davantage d’investissements étrangers et augmentant les recettes fiscales.

Cependant, le Président Tinubu a exprimé un scepticisme face à cette centralisation, arguant que les États sont mieux placés pour adapter les réglementations aux réalités locales. Il aurait dit que les gouvernements locaux comprennent mieux les besoins spécifiques de leurs communautés, remettant en question l’efficacité d’une administration fédérale centralisée en matière de jeux.

Par ailleurs, ce refus met en lumière les tensions croissantes entre le gouvernement fédéral et les États nigérians concernant le partage des responsabilités. Les gouverneurs d’État, présents lors de la réunion de l’APC, ont soutenu la position du président, affirmant que le projet de loi menaçait leur autonomie et leur capacité à légiférer dans leurs juridictions respectives.

Néanmoins, les soutiens de la loi centrale sur les jeux soulignent que l’absence de réglementation uniforme favorise les opérations illégales et le développement d’un marché noir florissant. Selon eux, une loi fédérale pourrait faciliter la lutte contre le jeu illégal, en harmonisant les efforts de régulation et d’application de la loi à travers le pays.

Face à ces arguments, le Président Tinubu maintient que la décentralisation reste le meilleur moyen de gérer efficacement le secteur des jeux de hasard, en adaptant les politiques aux spécificités culturelles et économiques de chaque région. Cette perspective reflète une vision plus large du fédéralisme qui, selon lui, favorise l’innovation et la compétitivité entre les États.

Le débat autour de ce projet de loi central intervient dans un contexte où le Nigeria cherche à diversifier son économie, traditionnellement dépendante du pétrole. Les jeux de hasard sont perçus comme un secteur prometteur, capable de générer des emplois et d’attirer des recettes significatives. Cependant, le cadre réglementaire reste un point de friction majeur entre les différents niveaux de gouvernement.

En outre, le rejet de cette législation par le Président Tinubu pourrait bien inciter l’Assemblée nationale à réexaminer les aspects constitutionnels du projet de loi et à chercher une solution de compromis qui respecte l’autonomie des États tout en répondant aux besoins d’une régulation plus efficace au niveau national.

Cette affaire souligne également l’importance pour le Nigeria de trouver un équilibre entre centralisation et autonomie locale, afin de créer un environnement propice à l’investissement et à la croissance économique. Alors que le secteur des jeux continue de croître, la question de la régulation reste cruciale pour assurer son développement durable et responsable.

Finalement, la décision du Président Tinubu pourrait être perçue comme un message fort sur l’importance de respecter les principes fédéralistes, tout en soulignant la nécessité de consensus et de dialogue entre le gouvernement central et les États. Cette approche pourrait s’avérer essentielle pour relever les défis économiques et politiques auxquels le Nigeria est confronté.