Les dés amérindiens repoussent les origines du jeu de hasard de 12 000 ans

Des archéologues ont découvert que les Amérindiens utilisaient des dés il y a plus de 12 000 ans, repoussant ainsi considérablement les origines connues du jeu et des jeux de hasard. Ces découvertes, publiées dans la revue American Antiquity, révèlent que les premières sociétés de chasseurs-cueilleurs en Amérique du Nord s’adonnaient déjà à des activités basées sur le hasard et le jeu structuré, bien plus tôt qu’on ne le croyait auparavant. Cela remet en question les hypothèses de longue date selon lesquelles les dés et la pensée probabiliste auraient d’abord émergé dans les anciennes civilisations du Vieux Monde comme la Mésopotamie ou la vallée de l’Indus, vers 3 500 avant notre ère.

Cette découverte offre un aperçu fascinant non seulement des pratiques culturelles des peuples autochtones d’Amérique du Nord, mais aussi de l’évolution des jeux de hasard à travers le temps et l’espace. Les chercheurs ont mis au jour des dés en pierre et en os à plusieurs sites archéologiques en Amérique du Nord, ce qui indique une utilisation répandue et variée de ces objets. Ce constat suggère que le jeu de hasard a joué un rôle significatif dans les sociétés amérindiennes bien avant l’arrivée des Européens.

Le professeur Ethan Hill, impliqué dans l’étude, note que ces découvertes montrent une sophistication culturelle insoupçonnée: « Il est clair que ces communautés avaient développé une compréhension complexe du hasard et du jeu bien avant que de nombreuses civilisations du Vieux Monde ne maîtrisent ces concepts. » Les dés découverts sont variés en forme et en taille, reflétant une diversité de jeux et d’activités ludiques parmi ces sociétés anciennes.

Cependant, tous les experts ne partagent pas cet enthousiasme. Certains chercheurs soulignent que, bien que la découverte de ces dés soit significative, elle ne signifie pas nécessairement que les jeux de hasard ont eu la même importance culturelle que dans les civilisations plus récentes. Un sceptique pourrait avancer que sans preuves écrites, il est difficile d’affirmer avec certitude l’ampleur et la signification des jeux dans ces sociétés.

Malgré ces réserves, la découverte remet en cause le récit eurocentrique dominant de l’histoire des jeux de hasard, selon lequel les concepts de probabilité et de hasard seraient nés exclusivement en Europe et en Asie. Il est possible que ces pratiques aient évolué indépendamment dans différentes régions du monde, soulignant ainsi l’universalité du jeu en tant qu’activité humaine.

L’historienne de la culture Marguerite Lemoine suggère que cette découverte pourrait également éclairer la manière dont les sociétés préhistoriques géraient les concepts d’incertitude et de hasard dans leurs vies quotidiennes. « Les jeux de hasard pourraient avoir servi non seulement de divertissement, mais aussi de méthode pour prendre des décisions importantes, répartir les ressources ou renforcer les liens sociaux au sein des communautés, » avance-t-elle.

En examinant les implications plus larges de ces découvertes, il devient évident que l’histoire du jeu est bien plus complexe qu’on ne l’avait supposé. Non seulement cela jette un nouvel éclairage sur les sociétés préhistoriques d’Amérique du Nord, mais cela invite également à une réévaluation des origines et du développement des jeux de hasard à travers le monde. Dans ce contexte, cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouvelles recherches sur les interactions humaines avec le hasard et le risque à travers les millénaires.

En conclusion, la mise au jour des dés amérindiens vieux de 12 000 ans offre une perspective nouvelle et enrichissante sur l’histoire des jeux de hasard et remet en question les hypothèses établies concernant leurs origines. Cette découverte souligne l’importance de considérer les récits non-européens dans notre compréhension globale des pratiques culturelles humaines.