Le 16 février 2026, l’Autorité de Jeu Tribal Mohegan a confirmé son soutien aux responsables du Connecticut qui envisagent d’agir contre les plates-formes de marché de prédiction, affirmant que ces services empiètent sur les droits de jeu tribal. Cette déclaration a été faite lors de la présentation des résultats financiers trimestriels de l’entreprise, qui ont montré un bénéfice principalement attribué à des facteurs comptables plutôt qu’à la performance opérationnelle.
L’activité de marché de prédiction, qui permet aux utilisateurs de parier sur des résultats d’événements futurs, soulève des préoccupations réglementaires selon les dirigeants de Mohegan. Ils soutiennent que ces plates-formes contournent les lois sur le jeu traditionnel en se présentant comme des jeux de compétences ou de prévisions, plutôt que comme des paris directs. Dans le contexte plus large des États-Unis, les représentants tribaux et les groupes de l’industrie ont également manifesté leurs inquiétudes quant à l’essor des jeux de style concours et des marchés de prédiction.
Les responsables ont exprimé leur frustration face à l’absence de réglementation claire pour ces marchés émergents, notant que l’ambiguïté actuelle permet à ces plates-formes de se développer sans les mêmes restrictions imposées aux casinos traditionnels. « Nous voyons ces marchés non régulés comme une menace directe à nos opérations et à notre capacité à générer des revenus pour notre communauté, » ont-ils fait savoir lors de la réunion.
La question n’est pas seulement économique, mais aussi légale et éthique. Les marchés de prédiction, par leur nature, exploitent des lacunes dans la législation actuelle sur le jeu. Aux États-Unis, le droit de gérer le jeu est souvent un privilège octroyé exclusivement à des entités tribales par des accords spécifiques. Les responsables de Mohegan craignent que la croissance de ces marchés n’érode progressivement ces droits durement acquis.
Néanmoins, il y a ceux qui voient les marchés de prédiction sous un jour différent. Les défenseurs soutiennent que ces plates-formes représentent une nouvelle frontière dans le divertissement en ligne, où l’analyse et l’intuition jouent un rôle prépondérant. Ils revendiquent que ces marchés offrent une expérience unique qui attire un public nouveau et plus jeune, souvent difficile à capter pour les casinos traditionnels.
Ces plateformes, affirment-ils, ne sont pas fondamentalement différentes des marchés boursiers où les investisseurs spéculent sur les fluctuations futures. En effet, pour eux, les marchés de prédiction ne sont que l’évolution naturelle d’un marché global de plus en plus axé sur l’information et l’analyse prédictive. « Nous faisons simplement évoluer le divertissement de manière à refléter les intérêts et les compétences du consommateur moderne, » suggèrent les défenseurs.
Cependant, le débat au sein de l’industrie du jeu continue de se renforcer. Les acteurs traditionnels, tels que les exploitants de casinos tribaux, insistent sur le besoin d’une réglementation stricte pour garantir une concurrence loyale et protéger les revenus des communautés tribales. Ils soulignent également que la prolifération des marchés de prédiction pourrait mener à une érosion des standards de sécurité et de jeu responsable si laissée sans contrôle.
En dépit des tensions, il semble y avoir un consensus croissant sur la nécessité d’une réglementation adéquate pour encadrer ces nouvelles formes de paris. Les régulateurs des États et les organismes fédéraux sont de plus en plus pressés de clarifier leur position vis-à-vis de ces institutions financières alternatives déguisées en divertissement.
Pour l’instant, l’Autorité de Jeu Tribal Mohegan se tient prête à coopérer avec les autorités du Connecticut pour élaborer des mesures qui protègent les impératifs économiques et culturels des tribus. Leur objectif est de créer un cadre qui respecte les droits tribaux tout en s’adaptant aux innovations du marché.
En conclusion, alors que le débat sur les marchés de prédiction continue de gagner en intensité, l’industrie du jeu aux États-Unis est à un carrefour. Les décisions prises aujourd’hui pourraient bien définir la manière dont le divertissement est consommé et régulé dans un avenir numérique de plus en plus interconnecté. Le défi consiste à embrasser l’innovation tout en préservant les intérêts des acteurs traditionnels et en protégeant les consommateurs des pièges potentiels liés à ces nouvelles formes de jeu.

Mathieu travaille dans l’industrie du iGaming depuis plus de 6 ans en tant que rédacteur et manager, principalement sur les marchés francophones.
