Le 18 décembre 2025, le parlement finlandais a approuvé d’importants changements dans la législation sur les jeux d’argent, mettant fin au monopole en ligne de longue date détenu par l’entreprise d’État Veikkaus. Cette décision ouvre la voie à un marché partiellement concurrentiel dès 2027. Le projet de loi, adopté en seconde lecture par une écrasante majorité de parlementaires, marque une restructuration significative de la régulation des jeux d’argent dans le pays.
Ce mouvement législatif arrive dans un contexte où de nombreux pays européens réévaluent leurs modèles réglementaires pour les jeux d’argent, souvent en réponse à l’évolution rapide du marché numérique. Avec l’essor des plateformes de jeux en ligne, le modèle de monopole d’État a été remis en question, jugé inefficace pour contrôler l’augmentation des opérateurs étrangers non réglementés. En 2023, la Commission européenne avait déjà souligné la nécessité pour les États membres de moderniser leurs systèmes afin de mieux protéger les consommateurs tout en augmentant la transparence et la concurrence.
L’objectif principal de cette réforme est de renforcer la protection des joueurs tout en assurant la collecte efficace des recettes fiscales. L’État finlandais espère que l’ouverture du marché encouragera les opérateurs internationaux à se conformer aux réglementations locales. Un législateur enthousiaste a déclaré que la Finlande devait s’adapter ou risquer de rester à la traîne : « Il est essentiel pour nous de moderniser notre cadre afin de suivre le rythme du marché global et de protéger nos citoyens. »
Cependant, cette ouverture du marché ne signifie pas une dérégulation totale. Le gouvernement prévoit de mettre en place un système de licences strict, où seuls les opérateurs respectant des standards élevés de responsabilité sociale et de jeu sécurisé pourront opérer. Les autorités de régulation finlandaises superviseront de près ces nouveaux entrants pour garantir la conformité aux règles établies.
Un point de vue divergent vient de certaines organisations de santé publique qui craignent que l’ouverture du marché puisse accroître le risque d’addiction au jeu. Elles soulignent que même avec une régulation stricte, l’accessibilité accrue aux jeux d’argent pourrait avoir des conséquences négatives. Ces préoccupations sont partagées par certains membres du parlement qui ont exprimé des réserves, soulignant la nécessité de mettre en place des mesures robustes pour prévenir les problèmes liés au jeu.
En outre, Veikkaus, malgré la perte de son monopole, continuera à jouer un rôle clé dans le secteur des jeux finlandais. L’entreprise a déjà annoncé des plans pour se diversifier et s’adapter à ce nouveau paysage concurrentiel. Elle prévoit de renforcer ses offres en ligne et d’investir dans des technologies de pointe pour attirer les joueurs. De plus, Veikkaus continuera à contribuer aux programmes sociaux et culturels, comme elle l’a fait depuis sa création, assurant ainsi que ses revenus bénéficient à la société finlandaise.
Le marché des jeux d’argent en Finlande représente une part significative de l’économie, avec des milliers d’emplois dépendants de ce secteur. L’ouverture à la concurrence pourrait stimuler l’innovation et offrir de nouvelles opportunités économiques. Pour les experts du secteur, cette réforme est une étape cruciale pour harmoniser la législation finlandaise avec celle de ses voisins nordiques qui ont déjà adopté des régulations similaires dans les années passées.
En conclusion, l’approbation par le parlement finlandais de cette réforme des jeux d’argent démontre une volonté de moderniser et d’innover tout en protégeant les intérêts des consommateurs. Alors que certains expriment des inquiétudes légitimes sur les risques potentiels, d’autres voient cette ouverture comme une opportunité pour la Finlande de devenir un leader dans la régulation moderne des jeux d’argent. Les prochaines années seront décisives pour évaluer l’impact de cette réforme et son efficacité à atteindre les objectifs fixés.

Mathieu travaille dans l’industrie du iGaming depuis plus de 6 ans en tant que rédacteur et manager, principalement sur les marchés francophones.
