En 2026, une nouvelle législation fédérale modifiera la capacité des joueurs à déduire leurs pertes de jeu, suscitant des réactions vives dans l’industrie du jeu au Nevada. Ce changement, inscrit dans la loi One Big Beautiful Bill Act et signé par le Président Donald Trump en juillet 2025, remet en cause un principe de longue date qui permettait aux joueurs de déduire l’intégralité de leurs pertes jusqu’à concurrence de leurs gains. Prétendent-ils, cette modification pourrait avoir des implications significatives pour l’économie du Nevada, où le jeu représente une part importante des recettes fiscales.
Cette réforme fiscale, perçue par beaucoup comme une attaque directe contre le secteur du jeu, pourrait réduire les revenus des casinos et engendrer une baisse de fréquentation des joueurs professionnels et amateurs. L’association des casinos du Nevada a souligné que la capacité à déduire les pertes est cruciale pour le maintien d’un flux constant de joueurs, surtout ceux qui misent gros. Un professionnel du secteur a exprimé un sentiment commun : « Ces changements risquent de faire fuir les gros parieurs essentiels à notre activité. »
En 2025, le Nevada a engrangé près de 12 milliards de dollars en recettes de jeux, un chiffre qui pourrait être sérieusement menacé par cette nouvelle mesure. Les responsables de l’État et les délégués au Congrès soulignent l’importance de renverser ce changement fiscal, affirmant qu’il pourrait avoir des répercussions économiques négatives au-delà du secteur du jeu, impactant également le tourisme et l’hospitalité.
Cependant, les partisans de la réforme avancent un argument différent. Selon eux, la mesure vise à combler des lacunes fiscales et à simplifier le code fiscal. Ils estiment que la déduction illimitée des pertes favorise l’évasion fiscale et incite à des comportements financiers irresponsables. « Il est temps d’aligner le traitement fiscal des jeux sur celui d’autres formes de revenu », soulignent certains législateurs fédéraux.
Le débat s’enflamme et des négociations intenses sont en cours. Les représentants du Nevada travaillent d’arrache-pied pour rallier davantage de soutien au Congrès. Ils espèrent introduire une législation qui annulerait cette mesure avant son entrée en vigueur. Une telle initiative nécessiterait un large consensus, d’autant que le climat politique est tendu et que les priorités budgétaires sont variées.
L’impact potentiel de cette réforme fiscale pourrait s’étendre au-delà des casinos du Nevada. Les États qui dépendent fortement des revenus des jeux, comme le New Jersey et la Louisiane, surveillent également de près la situation, préoccupés par les conséquences potentielles pour leurs propres économies locales. Un acteur de l’industrie basé dans un autre État a commenté : « Ce n’est pas seulement une question de pertes pour le Nevada, mais pour l’ensemble de l’industrie aux États-Unis. »
D’autres experts financiers proposent une vision plus nuancée. Certaines études suggèrent que, bien que le changement puisse initialement affecter les casinos, il pourrait également stimuler l’innovation dans l’industrie. Les entreprises pourraient être poussées à diversifier leurs offres et à se concentrer davantage sur des expériences non liées au jeu pour attirer et retenir les clients.
Néanmoins, pour de nombreux acteurs du secteur, le risque immédiat l’emporte sur les avantages potentiels à long terme. La perspective de perdre un avantage fiscal clé inquiète les gestionnaires de casinos qui redoutent que même une légère baisse de fréquentation ne se traduise par des pertes financières importantes, compromettant ainsi des emplois et des investissements futurs.
Alors que l’échéance de 2026 approche, l’industrie du jeu au Nevada se trouve à la croisée des chemins, confrontée à la nécessité de s’adapter ou de contester vigoureusement les changements de politique fiscale. Le résultat de cette bataille législative pourrait bien redéfinir les contours de l’industrie du jeu aux États-Unis pour les années à venir.

Mathieu travaille dans l’industrie du iGaming depuis plus de 6 ans en tant que rédacteur et manager, principalement sur les marchés francophones.
