Le 9 décembre 2025, l’Autorité du Sport de Thaïlande a lancé une révision officielle après que des athlètes cambodgiens sont arrivés aux 33èmes Jeux d’Asie du Sud-Est (SEA Games) vêtus de vestes arborant le logo du casino NagaWorld. Cet événement, ayant suscité une attention publique significative en Thaïlande, a immédiatement soulevé des questions sur la conformité avec les restrictions nationales concernant la publicité liée aux jeux d’argent illégaux.
En Thaïlande, l’affichage de logos ou de publicités de casinos est strictement encadré par la loi, en raison des risques sociaux et économiques associés aux jeux d’argent. Le logo du casino, visible sur les vestes des athlètes lors de la compétition, a suscité une vive réaction du public et des politiciens, qui s’interrogent sur l’intégrité et la régulation des événements sportifs internationaux. « Nous devons garantir que nos événements sportifs restent exempts de toute forme d’influence indue », a commenté un observateur local.
Le NagaWorld, situé à Phnom Penh, est l’un des plus grands complexes de casino en Asie du Sud-Est et joue un rôle économique crucial pour le Cambodge. Les recettes générées par les jeux d’argent y sont significatives, contribuant largement aux finances du pays. Ce contexte économique pourrait expliquer l’inclusion du logo sur les vêtements des athlètes, reflétant peut-être un manque de sensibilité aux normes publicitaires internationales.
Cependant, du côté thaïlandais, la situation est perçue différemment. Les lois thaïlandaises sur les jeux d’argent sont parmi les plus strictes de la région, interdisant la plupart des formes de jeu, y compris tout type de publicité qui pourrait encourager cette activité. Les autorités s’engagent à maintenir ces règles rigoureuses pour protéger les citoyens contre les effets potentiellement néfastes des jeux d’argent, tels que l’endettement personnel et l’addiction.
« Cette situation est préoccupante car elle pourrait donner une mauvaise impression non seulement des athlètes cambodgiens, mais aussi de l’événement en général », a déclaré un porte-parole de l’Autorité du Sport de Thaïlande. Le débat autour de cet incident pourrait également influencer la perception des SEA Games en tant que plateforme pour les jeunes sportifs de la région Asie-Pacifique.
D’un autre côté, certains responsables cambodgiens pourraient argumenter que le sponsoring par des entreprises comme NagaWorld est une nécessité économique. En invoquant la contribution massive de ces entreprises à l’économie locale, ils pourraient défendre leur démarche en soulignant que le soutien financier aux athlètes est essentiel pour leur succès à l’international.
Néanmoins, la question reste complexe. L’influence de l’argent du jeu sur le sport soulève des préoccupations éthiques qui dépassent les frontières, appelant à une réponse collective des nations participantes aux SEA Games. Les observateurs internationaux suggèrent que cette situation pourrait servir de catalyseur pour un débat plus large sur le financement du sport et la nécessité d’une réglementation plus uniforme à travers les pays de l’ASEAN.
En conclusion, cette affaire illustre la tension entre les réalités économiques et les impératifs éthiques dans le monde du sport contemporain. Alors que l’Autorité du Sport de Thaïlande poursuit son enquête, le résultat pourrait influencer non seulement la réglementation nationale, mais aussi les standards internationaux de promotion et de sponsorship dans les compétitions sportives. Les implications de cette affaire sont importantes pour tous les acteurs concernés, mettant en lumière la nécessité d’un équilibre délicat entre le soutien financier et l’intégrité sportive.

Mathieu travaille dans l’industrie du iGaming depuis plus de 6 ans en tant que rédacteur et manager, principalement sur les marchés francophones.
